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Variants de TRPV4 : ce que l’on sait, ce qui reste incertain et comment cela évolue

En brefChaque variant de TRPV4 est classé dans l’une des cinq catégories suivantes : pathogène, probablement pathogène, de signification incertaine, probablement bénin ou bénin. Ce classement reflète les données disponibles aujourd’hui, et il peut changer. Un variant de signification incertaine (VSI, VUS en anglais) ne confirme ni n’exclut une cause génétique, et vos symptômes méritent d’être pris en charge dans tous les cas. Environ la moitié des variants de TRPV4 répertoriés dans ClinVar sont des VSI [217].

Lire un résultat TRPV4

Une même modification génétique peut être décrite de plusieurs façons dans un compte rendu. Prenons mon propre variant comme exemple ; voici ce qu’on pourrait y lire :

TRPV4 · NM_021625.5 · c.557G>A · p.Arg186Gln · hétérozygote

TRPV4
Le gène.
NM_021625.5
Le transcrit de référence, c’est-à-dire la « carte » du gène utilisée par le laboratoire (version 5). C’est le transcrit standard de TRPV4 : les positions données par des laboratoires différents concordent donc normalement [225].
c.557G>A
La modification de l’ADN : en position 557 de la séquence codante, la lettre G est remplacée par un A.
p.Arg186Gln
La modification de la protéine : en position 186, l’acide aminé arginine (Arg) est remplacé par une glutamine (Gln). La forme courte, souvent utilisée dans les publications, est R186Q. Des parenthèses, comme dans p.(Arg186Gln), signifient que la modification de la protéine est prédite à partir de l’ADN, et non mesurée [225].
Hétérozygote
La modification ne touche qu’une de vos deux copies du gène. La maladie neuromusculaire liée à TRPV4 se transmet sur le mode autosomique dominant : une seule copie modifiée suffit à la provoquer [6].

Quand vous cherchez des informations sur un variant, essayez les deux formes, par exemple « R186Q TRPV4 » et « Arg186Gln TRPV4 ». Les publications anciennes utilisaient parfois des versions plus anciennes du transcrit, mais la position dans la protéine reste en général la même.

Les cinq classes

Depuis 2015, les laboratoires utilisent un système commun à cinq classes, défini par deux sociétés savantes américaines, l’American College of Medical Genetics and Genomics (ACMG) et l’Association for Molecular Pathology (AMP) [205]. Pour chaque variant, le laboratoire pèse tous les éléments qui plaident pour ou contre un rôle dans la maladie, puis lui attribue l’une des cinq classes.

ClasseCertitude approximativeCe que cela signifie pour vous
PathogènePlus de 99 % de probabilité de causer la maladie [206]Le variant est reconnu comme la cause de la maladie.
Probablement pathogènePlus de 90 % de probabilité [205]En pratique, on le considère comme responsable de la maladie, en tenant compte du tableau clinique.
De signification incertaine (VSI)Entre 10 % et 90 % environ [207]Les données sont insuffisantes, ou vont dans les deux sens. Ce résultat ne confirme ni n’exclut une cause génétique.
Probablement béninPlus de 90 % de probabilité d’être inoffensif [205]Très probablement pas la cause.
BéninPlus de 99,9 % de probabilité d’être inoffensif [206]Ce n’est pas la cause. En général, il ne figure pas sur les comptes rendus.

Le seuil de 90 % retenu pour « probablement » est une convention admise ; les auteurs de 2015 la jugeaient eux-mêmes « common, albeit arbitrary » (courante, quoique arbitraire). La mention « de signification incertaine » s’applique par défaut chaque fois que les critères des quatre autres classes ne sont pas remplis, ou qu’ils se contredisent [205].

Ce que signifie un VSI, et ce qu’il ne signifie pas

C’est un constat sur les données, pas sur vous

Un variant contribue à la maladie, ou n’y contribue pas : c’est un fait biologique. La mention « de signification incertaine » veut seulement dire qu’à ce jour, les données publiées ou partagées ne suffisent pas pour trancher. Les recommandations précisent qu’un VSI « should not be used in clinical decision-making » (ne doit pas servir à prendre des décisions médicales), et ajoutent : « efforts to resolve the classification […] should be undertaken » (il faut s’efforcer de trancher la classification) [205]. Au Royaume-Uni, les recommandations demandent en outre que le compte rendu précise que le résultat « does not exclude a genetic diagnosis » (n’exclut pas un diagnostic génétique) [207].

Un VSI peut-il causer des symptômes ? Oui, c’est possible

Tous les variants aujourd’hui reconnus comme pathogènes ont d’abord été nouveaux et non classés. Certains VSI sont ensuite reclassés vers le haut, quand on trouve d’autres personnes porteuses de la même modification, quand des proches sont testés ou quand des études en laboratoire sont menées. Dans la plus grande étude, qui couvrait de nombreuses spécialités dont la neurologie, environ 1 VSI reclassé sur 5 l’a été à la hausse, en probablement pathogène ou pathogène [210]. Quand cela arrive, la recherche ne fait que rattraper ce que la personne vivait déjà.

L’autre moitié de la vérité

Dans les grandes bases de données, la plupart des VSI reclassés le sont à la baisse, en probablement bénin ou bénin : environ 80 à 91 % d’entre eux [210]. Cela ne veut pas dire que les symptômes étaient imaginaires. Cela veut dire que leur cause se trouve peut-être ailleurs : un autre gène, une modification que le test ne pouvait pas détecter, ou une cause non génétique.

Une étude de 2025 sur TRPV4 montre pourquoi c’est important. Parmi les personnes dont le variant de TRPV4 s’est révélé fonctionner normalement en laboratoire, l’une avait une polyradiculonévrite inflammatoire démyélinisante chronique (PIDC), une maladie d’origine immunitaire qui peut être traitée. Dans une famille, le variant était porté par une sœur non atteinte, mais pas par son frère, qui avait la neuropathie [22]. Garder l’esprit ouvert face à un VSI vous évite de passer à côté d’une cause pour laquelle il existe un traitement.

Ce que cela veut dire en pratique

  • Vos symptômes méritent d’être pris en charge dès maintenant. Le diagnostic de neuropathie repose sur l’examen clinique, les antécédents familiaux et les examens des nerfs (étude de la conduction nerveuse et électromyogramme, ou EMG) ; la génétique, elle, confirme le sous-type [231]. Les orthèses, la rééducation et la surveillance de la respiration, de la voix et de la déglutition dépendent de vos symptômes, pas de la classe inscrite sur votre compte rendu. Les recommandations suggèrent que, le temps d’éclaircir un VSI, « additional monitoring of the patient for the disorder in question may be prudent » (il peut être prudent de surveiller davantage la personne pour la maladie en question) [205].
  • On ne teste pas les proches pour prédire leur propre santé à partir d’un VSI [208]. Ils peuvent être invités à faire le test, mais leurs résultats servent alors d’éléments de preuve pour aider à classer le variant.
  • Chaque étude de recherche fixe ses propres critères génétiques. Demandez directement à l’équipe de l’étude si votre VSI vous permet d’y participer. Les registres et les études d’histoire naturelle accueillent souvent des personnes dont le diagnostic génétique n’est pas encore tranché.
  • Tous les VSI ne sont pas aussi incertains les uns que les autres. Une prise de position de l’ACMG publiée en 2026 encourage les laboratoires à préciser si un VSI penche plutôt vers le bénin (« VUS-low ») ou s’il mérite un suivi plus poussé (« VUS-high ») [227]. Si votre compte rendu ne le précise pas, demandez au laboratoire ou à votre conseiller en génétique de quel côté penchent les données.

Comment se fait le reclassement

On parle de reclassement quand un laboratoire réexamine un variant et change sa classe parce que les données ont évolué. Cela peut se faire dans un sens comme dans l’autre, à la hausse ou à la baisse. Plus rarement, un variant classé pathogène est ramené à probablement pathogène.

Qui classe les variants ?

  • Chaque laboratoire d’analyse classe lui-même les variants, selon les règles communes ACMG/AMP. Deux laboratoires peuvent ne pas être d’accord sur un même variant.
  • ClinVar, une base de données publique et gratuite gérée par la National Library of Medicine (la bibliothèque nationale de médecine des États-Unis), rassemble ces classifications. Elle affiche un résultat global, et un nombre d’étoiles qui indique le degré de vérification de ce résultat [217].
  • Des groupes d’experts de ClinGen (Clinical Genome Resource) peuvent publier des classifications expertisées, celles qui ont le plus de poids. Aucun groupe d’experts ne couvre actuellement les variants de TRPV4. ClinGen a en revanche évalué le lien entre le gène TRPV4 et la maladie neuromusculaire, et l’a jugé « Definitive » (avéré), son niveau le plus élevé [216]. Le lien entre le gène et la maladie est donc acquis, mais chaque variant est jugé un par un par les laboratoires.

Ce qui fait changer un variant de classe

Les règles regroupent les éléments de preuve en plusieurs types. La plupart peuvent jouer pour ou contre un variant, et chacun a un code que les laboratoires utilisent dans leurs comptes rendus [205].

Élément de preuveFait pencher vers pathogène quand…Fait pencher vers bénin quand…
Bases de données de populationPM2, BS1, BA1Le variant est absent, ou extrêmement rare, dans les grandes bases de données de la population générale comme gnomAD [205].On le retrouve trop souvent chez des personnes en bonne santé pour qu’il cause une maladie rare. Les grandes bases de données de population ont permis de reclasser de nombreux VSI en bénin [205].
Apparu chez la personne (de novo)PS2, PM6Aucun des deux parents ne le porte et la personne est atteinte. C’est un argument fort quand les deux parents ont été testés et que la filiation est confirmée. Dans une étude portant sur plus de 500 000 VSI, c’était l’argument le plus puissant pour un reclassement à la hausse [210].Ne sert pas dans ce sens.
Suit la maladie dans la famille (ségrégation)PP1, BS4Les proches atteints le portent. Plus les proches informatifs sont nombreux, plus l’argument est fort : dans une même famille, 3, 4 et 5 méioses informatives (des transmissions du variant d’un parent à un enfant que l’on peut vérifier) comptent respectivement comme un argument de soutien, modéré et fort [229].Un proche atteint ne le porte pas. Il faut être prudent dans les maladies liées à TRPV4, car certains porteurs n’ont que des symptômes très légers, voire aucun [6].
Expériences en laboratoire (études fonctionnelles)PS3, BS3Un test validé montre que le variant modifie la protéine de la façon qui cause la maladie. Pour la neuropathie liée à TRPV4, il s’agit d’un gain de fonction : un canal trop actif (hyperactif) [22].Le même test validé montre que la protéine fonctionne normalement.
Autres patientsPS4, PP4, BP5On trouve le variant chez d’autres personnes non apparentées atteintes de la même maladie, ou les signes de la personne sont très caractéristiques d’une maladie liée à TRPV4.La personne a déjà une autre explication génétique confirmée.
Position dans la protéinePM1, PM5, PS1Le variant se trouve dans un point chaud connu (pour la neuropathie liée à TRPV4, les arginines du domaine à répétitions ankyrine), ou une autre modification à la même position est déjà reconnue comme pathogène [6].Sert surtout dans le sens pathogène.
Prédictions informatiquesPP3, BP4Plusieurs outils de prédiction calibrés s’accordent à le juger délétère.Ils s’accordent à le juger inoffensif. Si les outils se contredisent, ce critère n’est pas utilisé [205].

Un système de points pour y voir plus clair

Une version affinée des règles convertit chaque élément de preuve en points : argument de soutien = 1, modéré = 2, fort = 4 et très fort = 8, les éléments en faveur du caractère bénin comptant en points négatifs. Le total renvoie à l’une des cinq classes [206] :

  • 10 ou plusPathogène
  • 6 à 9Probablement pathogène
  • 0 à 5De signification incertaine
  • −1 à −6Probablement bénin
  • −7 ou moinsBénin

Un exemple simplifié, pas une vraie classification. Imaginons un nouveau variant de TRPV4 dans le domaine à répétitions ankyrine. Il est absent des bases de données de population (+1), se trouve dans un point chaud connu (+2), et les outils de prédiction le jugent délétère (+1). Total : 4 points, c’est donc un VSI. On teste ensuite les deux parents : aucun ne le porte, et la filiation est confirmée. Le variant est donc apparu de novo, ce qui constitue un argument fort (+4). Nouveau total : 8, il devient probablement pathogène. Le variant lui-même n’a pas changé. Les données, si.

À quelle fréquence, et en combien de temps

ÉtudePersonnes testéesCe que sont devenus les VSI
Chen et al., 2023 [210]1,69 million de personnes testées par panels multigènes, dans de nombreuses spécialités dont la neurologie (un seul laboratoire, de 2014 à 2022)7,3 % des VSI distincts ont été reclassés. 80 % sont passés en bénin ou probablement bénin, et environ 20 % ont été reclassés à la hausse. Il a fallu en moyenne environ 31 mois pour un reclassement à la baisse, et 22 mois pour un reclassement à la hausse. Les VSI étaient plus fréquents chez les personnes non blanches, sous-représentées dans les bases de données génétiques.
Mersch et al., 2018 [209]1,45 million de personnes testées pour des gènes de prédisposition héréditaire au cancer (un seul laboratoire)7,7 % des VSI distincts ont été reclassés : 91 % à la baisse et 9 % à la hausse. Les résultats pathogènes n’ont changé de catégorie que dans 0,7 % des cas.
Krenn et al., 2024 [211]263 adultes atteints de maladies neuromusculaires (séquençage de l’exome ou du génome)Le réexamen a permis de résoudre 7 des 23 cas incertains (30 %), grâce à de nouvelles informations cliniques, à de meilleurs outils de prédiction et aux tests familiaux. Il a aussi fait repasser 3 des 53 cas « résolus » au statut incertain.
Østern et al., 2014 [212]Familles norvégiennes atteintes de CMTTester les proches a permis de reclasser plusieurs variants de CMT, à la hausse comme à la baisse.

Aucune étude n’a mesuré les taux de reclassement propres à TRPV4 ou à la CMT. La plupart des grands chiffres viennent des gènes du cancer ou de panels mixtes : prenez-les comme une tendance générale, pas comme une prédiction pour un variant en particulier.

Reclassements dans TRPV4 : des exemples réels

  • Les tests en laboratoire ont modifié 9 classifications sur 19. Des chercheurs de l’université Johns Hopkins et d’autres équipes ont testé 30 variants de TRPV4 pour rechercher une hyperactivité du canal et une toxicité pour les cellules, puis ont réappliqué les règles de l’ACMG. L’ajout de leurs résultats « changed the ACMG classification for 9 of 19 clinical variants analysed » (a modifié la classification ACMG de 9 des 19 variants cliniques analysés). Cinq VSI sont passés en probablement bénin, un variant probablement pathogène est passé en probablement bénin, deux sont passés de probablement pathogène à VSI, et un de pathogène à probablement pathogène [22].
  • Un profil clinique s’est dessiné. Les variants hyperactifs (gain de fonction) allaient de pair avec un début dès la naissance, une faiblesse des cordes vocales et une atteinte surtout motrice. Les personnes dont le variant se comportait normalement « often demonstrated late-onset and sensory-predominant disease » (avaient souvent une maladie de début tardif, à prédominance sensitive) [22].
  • Les bases de données publiques ont du retard sur la recherche. p.Ser93Phe (S93F) figure dans GeneReviews et s’est révélé hyperactif en 2025, mais ClinVar le classe toujours comme VSI [217]. Si votre variant est incertain, une publication récente en sait peut-être plus que la base de données.
  • Les résultats de laboratoire peuvent se contredire. p.Pro97Arg (P97R) a été décrit comme moins actif en 2012, puis comme nettement hyperactif en 2025 [22]. L’un des articles de 2010 à l’origine de la découverte rapportait lui aussi une activité réduite pour des variants que des travaux ultérieurs ont montrés hyperactifs, un débat présenté sur la page Mécanisme de la CMT2C. C’est l’une des raisons pour lesquelles une expérience isolée ne compte que comme un argument de soutien.

Comment une nouvelle classification vous parvient

Pas automatiquement. Selon l’ACMG, un réexamen « may be initiated upon external request (by the clinical team or patient), or by the laboratory » (peut être demandé par l’équipe médicale ou le patient, ou lancé par le laboratoire), et les laboratoires peuvent le facturer [214]. La responsabilité de recontacter les patients est partagée entre le laboratoire, vos médecins et vous-même, et sur ce point, « no definitive answers currently exist » (il n’existe pas encore de réponse définitive) [215]. Le registre de patients de ClinGen le signale : l’information mise à jour « is not always shared with the patient by testing laboratories » (n’est pas toujours transmise au patient par les laboratoires) [226]. En pratique, c’est souvent à vous de demander.

La tendance est encourageante. En 2024, deux chercheurs de premier plan en génétique estimaient que « many, if not most, VUS in coding regions will be resolved by 2030 » (beaucoup de VSI des régions codantes, sinon la plupart, seront élucidés d’ici 2030), grâce aux tests en laboratoire à grande échelle, à de meilleurs outils de prédiction et au partage des données [213].

Pistes possibles si vous avez un VSI

Ce sont des idées, pas des consignes. Elles s’appuient sur les recommandations en génétique et sur la recherche consacrée aux résultats incertains, et aucune n’est obligatoire. Votre conseiller en génétique ou votre médecin peut vous aider à voir lesquelles vous conviennent, s’il y en a.

  1. Parler avec un conseiller en génétique est un bon point de départ, si vous n’en avez pas encore eu l’occasion. Aux États-Unis et au Canada, l’annuaire « Find a Genetic Counselor » de la National Society of Genetic Counselors (NSGC) recense plus de 3 300 professionnels du conseil génétique, dont certains proposent des téléconsultations [232]. Le programme CMT Genie propose du conseil génétique en téléconsultation aux personnes qui présentent des signes de CMT [88].
  2. Demander un réexamen tous les ans ou tous les deux ans, ou quand quelque chose change (un nouveau symptôme, un nouveau résultat d’examen ou un proche nouvellement testé), est une possibilité. L’ACMG encourage les laboratoires à demander des antécédents cliniques et familiaux à jour : il peut donc être utile d’avoir les vôtres sous la main [214].
  3. Faire tester des proches peut apporter des éléments supplémentaires. Tester les deux parents permet de savoir si le variant est apparu de novo. Tester des proches atteints et non atteints permet de voir s’il suit la maladie dans la famille. Un conseiller en génétique peut vous dire quels proches seraient les plus informatifs [207].
  4. Consulter ClinVar vous-même est une autre option. Une recherche sur le gène et la modification de la protéine affiche la classification globale, le nombre d’étoiles et la soumission de chaque laboratoire [217] :
    • 4 étoiles : recommandation de bonne pratique. 3 étoiles : groupe d’experts. 2 étoiles : plusieurs laboratoires concordent. 1 étoile : un seul laboratoire, ou des laboratoires en désaccord. Aucune étoile : aucun critère fourni.
    • « Conflicting classifications » (interprétations contradictoires) signifie que les laboratoires ont choisi des classes de niveaux différents, par exemple l’un pathogène et l’autre incertain.
    • Aucun variant de TRPV4 n’a actuellement 3 ou 4 étoiles.
  5. Participer à un registre ou à une étude d’histoire naturelle est une autre possibilité. Les informations cliniques des personnes qui ont un résultat incertain sont précisément les données qui permettent de lever l’incertitude sur les VSI. On peut citer l’étude d’histoire naturelle de l’Inherited Neuropathy Consortium [52], GRIN (Global Registry for Inherited Neuropathies, le registre mondial des neuropathies héréditaires) [55], et GenomeConnect, le registre de patients de ClinGen, qui partage ses données avec ClinVar et peut vous envoyer des mises à jour [226].
  6. Demander si une réanalyse serait utile peut valoir la peine si vous avez eu un séquençage de l’exome ou du génome. Sur l’ensemble de 29 études, la réanalyse des données existantes a abouti à un nouveau diagnostic dans environ 10 % des cas, surtout grâce à des travaux publiés entre-temps [228].
  7. Tenir vos coordonnées à jour auprès du laboratoire qui a réalisé l’analyse et du service qui l’a prescrite leur permet de vous joindre si quelque chose change.

Variants neuromusculaires de TRPV4 bien documentés

GeneReviews désigne sept variants comme « the most commonly reported and best validated pathogenic TRPV4 variants » (les variants pathogènes de TRPV4 les plus souvent rapportés et les mieux validés) [6]. Les sept modifient une arginine (Arg, R) située sur la même face exposée du domaine à répétitions ankyrine, la partie de la protéine située à l’intérieur de la cellule, à laquelle se fixe RhoA [6]. Dans le registre qui réunit 68 personnes, les variants de ce domaine représentaient 94 % des variants responsables de neuropathie, et R269H était le plus fréquent [3].

Comment lire les tableaux : la colonne « Signes et cas rapportés » résume les articles sur lesquels s’appuie cette page ; ce n’est pas un recensement mondial des familles. Le statut ClinVar a été vérifié le 11 octobre 2026 ; les étoiles (sur 4) indiquent le degré de vérification d’une classification. Toutes les positions dans l’ADN sont données d’après NM_021625.5.

VariantClinVarMaladies rapportéesSignes et cas rapportésDonnées de laboratoire
p.Arg186GlnR186Q · c.557G>A · mon variantPathogène / probablement pathogène ★★ ClinVar 39419CMT2C ; amyotrophie spinale congénitale avec rétractions articulaires (arthrogrypose)Décrit pour la première fois dans une famille en 2012 : faiblesse distale, voix rauque, respiration bruyante à l’effort, et atteinte des cordes vocales et du nerf qui commande le diaphragme ; 2 des 3 membres atteints avaient une scoliose [218]. Également rapporté chez une personne dont les symptômes ont commencé avant 5 ans, avec des signes squelettiques, et dans une famille où les porteurs n’étaient pas tous atteints [28].Canal hyperactif et mort cellulaire accrue, supprimés par un bloqueur du canal [218] ; gain de fonction confirmé en 2025 [22].
p.Arg232CysR232C · c.694C>TPathogène ★★ ClinVar 30472CMT2C ; neuropathie motrice distale avec faiblesse des cordes vocales ; amyotrophie spinale scapulo-péronière (SPSMA) ; amyotrophie spinale distale congénitale ; chevauchement avec des signes squelettiquesRapporté d’abord dans trois familles britanniques et suisses [17], puis dans d’autres familles et chez d’autres personnes [219]. Dans une famille, certains membres avaient une atteinte des cordes vocales et du diaphragme, d’autres non [219].Canal hyperactif ; perturbe la fixation de RhoA [24]. Les souris porteuses développent une faiblesse et perdent des motoneurones, ce qu’un bloqueur de TRPV4 permet de corriger [15].
p.Arg269HisR269H · c.806G>APathogène / probablement pathogène ★★ ClinVar 5000CMT2C ; amyotrophie spinale distale congénitale avec arthrogrypose ; SPSMA ; forme mixte avec dysplasie squelettiqueL’un des premiers variants, décrits en 2010, retrouvé dans plusieurs familles [10]. C’est le variant le plus fréquent du registre, avec l’âge de début le plus précoce ; l’âge et la sévérité n’y étaient que faiblement liés [3]. Il fait partie des variants le plus souvent associés à des signes à la fois nerveux et osseux [6].Canal hyperactif, toxique pour les cellules nerveuses [10] ; confirmé en 2025 [22].
p.Arg269CysR269C · c.805C>TPathogène ★★ ClinVar 5002CMT2C ; neuropathie motrice ; SPSMA ; amyotrophie spinale congénitale avec arthrogryposeL’un des premiers variants, décrits en 2010 [10]. Dans une famille espagnole, une mère avait une faiblesse modérée, sa fille une amyotrophie spinale congénitale sévère avec parésie des cordes vocales, et trois porteurs âgés de 9, 40 et 70 ans avaient un examen normal [222]. Également observé comme modification apparue de novo [230].Canal hyperactif [10] ; perturbe la fixation de RhoA [24] ; modèles chez la drosophile [26] et chez la souris [15].
p.Arg315TrpR315W · c.943C>TPathogène / probablement pathogène ★★ ClinVar 4999CMT2C ; SPSMA ; amyotrophie spinale distale congénitale ; un cas de novo avec dysplasie squelettiqueL’un des premiers variants, décrits en 2010. Une grande famille comptait dix membres atteints encore en vie, avec des formes allant de légères à sévères et des diagnostics différents au sein de la même famille [12]. Dans le registre, l’âge et la sévérité n’étaient que faiblement liés [3]. Dans les familles rapportées, la parésie des cordes vocales allait de l’absence à une forme sévère [220].Perturbe la fixation de RhoA [24] ; gain de fonction dans l’étude de 2025 [22].
p.Arg316CysR316C · c.946C>TPathogène ★★ ClinVar 5001SPSMA ; CMT2C ; formes de chevauchementRetrouvé dans une grande famille atteinte d’amyotrophie spinale scapulo-péronière, où il suivait la maladie [14], et dans des familles atteintes de CMT2C [12]. Dans une famille décrite en 2023, le père avait une faiblesse musculaire, tandis que son fils, né avec un pied bot, n’avait pas de faiblesse évidente [224].Gain de fonction dans l’étude de 2025 [22].
p.Arg316HisR316H · c.947G>APathogène / probablement pathogène ★★ ClinVar 30473CMT2CRapporté pour la première fois comme modification apparue de novo chez une personne atteinte de CMT2C [219].Canal hyperactif et mort cellulaire, réversibles avec un bloqueur du canal [219] ; confirmé en 2025 [22].

Autres variants neuromusculaires documentés

VariantClinVarMaladies rapportéesSignes et cas rapportésDonnées de laboratoire
p.Arg237LeuR237L · c.710G>TProbablement pathogène ★ ClinVar 536862CMT2CUne famille. Une personne avait une faiblesse des deux cordes vocales, dont la mobilité atteignait 15 à 20 % de la normale [221].Hyperactif et toxique [221] ; RhoA ne parvenait pas à le freiner [24].
p.Arg237GlyR237G · c.709C>GPathogène ★ ClinVar 1073853CMT2CUne famille [221].Hyperactif, avec une toxicité marquée [221].
p.Ser542TyrS542Y · c.1625C>APathogène ★ ClinVar 30469CMT2C avec parésie des cordes vocales et petite tailleUne famille sur plusieurs générations, avec une neuropathie légère et une petite taille marquée [220]. L’un des variants les plus fréquents parmi ceux qui associent signes nerveux et osseux [6].Fortement hyperactif [28].
p.Val620IleV620I · c.1858G>APathogène / probablement pathogène ★★ ClinVar 4993Neuropathie axonale avec des signes squelettiques évoquant une brachyolmieD’abord connu comme variant squelettique (brachyolmie) ; retrouvé ensuite, apparu de novo, chez une personne atteinte de neuropathie [17].Effet activateur [12].
p.Pro97ArgP97R · c.290C>GPathogène ★ ClinVar 234619Amyotrophie spinale distale congénitale avec paralysie des cordes vocalesUn enfant. Ce variant se situe en dehors du domaine à répétitions ankyrine, dans une région flexible proche du début de la protéine [22].Résultats contradictoires : décrit comme moins actif en 2012 et comme hyperactif en 2025 [22].

D’autres variants de la liste de Stephanie Carmody

En 2024, Stephanie Carmody, qui a créé le groupe de patients TRPV4 sur Facebook, a dressé avec le Dr Brett McCray une liste des variants de TRPV4, fondée sur les recherches de son équipe. Outre les variants des tableaux ci-dessus, cette liste classe ceux qui suivent comme pathogènes ou probablement pathogènes. Leurs classifications officielles ne concordent pas encore toutes avec la liste : chaque ligne indique donc ce que montrent ClinVar et l’étude en laboratoire publiée en 2025 par l’équipe du Dr McCray. ClinVar a été consulté le 14 octobre 2026.

VariantClinVarCe que l’on sait
p.Arg232ProR232P · c.695G>CProbablement pathogène ★ ClinVar 1493962Une autre modification au point chaud R232, classée par un seul laboratoire pour la CMT2C [217].
p.Arg237GlnR237Q · c.710G>AInterprétations contradictoires ★ ClinVar 1679171Même position que R237L et R237G, plus haut. Les laboratoires sont partagés entre probablement pathogène et incertain [217].
p.Arg616GlyR616GAbsent de ClinVarFortement hyperactif dans l’étude en laboratoire de 2025, qui le présente comme une modification pathogène connue, associée à une neuropathie sévère sans dysplasie squelettique [22].
p.Leu619ProL619PAbsent de ClinVarFortement hyperactif dans l’étude en laboratoire de 2025, qui le cite comme modification pathogène connue [22].
p.Trp785CysW785C · c.2355G>CProbablement pathogène ★ ClinVar 4292777Fortement hyperactif dans l’étude en laboratoire de 2025, qui le cite comme modification pathogène connue [22]. Un seul laboratoire l’a soumis à ClinVar [217].
p.Ser93PheS93FDe signification incertaine ★ ClinVar 2636347Hyperactif dans l’étude en laboratoire de 2025, mais toujours officiellement classé VSI, dans cette étude comme dans ClinVar [22]. Voir les variants encore incertains.
p.Ser94LeuS94L · c.281C>TInterprétations contradictoires ★ ClinVar 216734Modérément hyperactif dans l’étude en laboratoire de 2025, mais associé jusqu’ici à une neuropathie uniquement à l’état homozygote, hérité des deux parents. Il reste officiellement classé VSI dans cette étude, et les laboratoires sont en désaccord dans ClinVar [22].

Cette même liste recense aussi des variants qu’elle considère comme bénins ou incertains. Ses classements « bénin » reposent surtout sur des tests en laboratoire qui n’ont montré aucune hyperactivité, et plusieurs de ces variants restent officiellement incertains, voire probablement pathogènes, dans ClinVar ou dans l’étude de 2025 [22]. C’est pourquoi ils ne sont pas repris ici. Si votre variant figure sur cette liste, un conseiller en génétique peut vous aider à l’interpréter.

Un même variant, des vies différentes

C’est l’un des enseignements les plus constants des maladies liées à TRPV4 : le variant ne permet pas de prédire l’évolution d’une personne. Le registre a relevé une « marked heterogeneity in symptoms, severity and age of onset, even among family members with the same TRPV4 mutation » (une grande diversité des symptômes, de leur sévérité et de l’âge de début, même entre membres d’une famille porteurs de la même mutation TRPV4), et un même variant peut donner un tableau de CMT ou d’amyotrophie spinale au sein d’une même famille [3]. GeneReviews souligne que les symptômes peuvent être si légers qu’ils passent inaperçus, et que la faiblesse des membres et les troubles de la voix ou de la respiration ne vont pas forcément de pair [6]. À elle seule, une étude de 2010 a identifié six porteurs sans symptômes [17]. Des modifications différentes à une même position peuvent même avoir des effets différents : en position 616, l’une causait une neuropathie sévère, une autre seulement une dysplasie squelettique [28].

Les tableaux ci-dessus décrivent donc ce qui a été rapporté, et non ce que vivra une personne en particulier.

Exemples de variants encore incertains

VariantClinVarPourquoi il reste incertain
p.Ser93PheS93FDe signification incertaine ★ ClinVar 2636347Cité dans GeneReviews et décrit comme hyperactif en 2025, mais pas encore reclassé dans ClinVar [6]. Un candidat probable à un reclassement à la hausse.
p.Arg232SerR232SDe signification incertaine sans étoile ClinVar 637419Une autre modification au point chaud R232. Une seule soumission, et aucune étude en laboratoire publiée n’a été trouvée.
p.Thr701IleT701IDe signification incertaine sans étoile ClinVar 637421Qualifié de « potentially pathogenic » (potentiellement pathogène) en 2012, sur la seule base de prédictions informatiques ; aucun test en laboratoire trouvé.
p.Arg232HisR232HInterprétations contradictoires ★ ClinVar 246538Les laboratoires ne sont pas d’accord : deux le jugent incertain, un probablement pathogène.

Environ la moitié des entrées TRPV4 de ClinVar sont des VSI (environ 665 sur 1 360), et presque tous proviennent d’un seul laboratoire [217]. Beaucoup sont probablement inoffensifs. Certains se révéleront importants. Ce sont les éléments décrits plus haut qui permettent de les distinguer, et une grande partie de ces éléments vient de patients et de familles qui participent à la recherche.

Les chiffres et classifications ClinVar de cette page ont été vérifiés le 11 octobre 2026 (le 14 octobre pour les variants de la liste de Stephanie Carmody) et changeront avec le temps. Suivez les liens ClinVar pour connaître le statut actuel.

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