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Ce que dit la recherche sur la CMT2C

En brefToutes les publications que j’ai pu trouver qui mentionnent la CMT2C, classées selon ce qu’elles nous apprennent sur la maladie. Chacune est expliquée simplement, avec un regard honnête sur la solidité de l’étude, y compris sur la façon dont les apparentés « non atteints » ont vraiment été examinés. Les analyses ont été rédigées avec l’aide d’une intelligence artificielle (IA), puis chaque citation a été vérifiée dans la publication elle-même (comment cela a été fait). Les petites étiquettes avec un auteur et une année, comme « Landouré 2010 », ouvrent l’explication de la publication correspondante.

271 publications trouvées106 analysées en détail986 citations tirées des publicationsRecherche faite en octobre 2026

Ceci est un guide de la recherche, pas un avis médical. Il décrit ce que les études ont trouvé. Les décisions sur les examens ou les traitements se prennent avec votre propre équipe spécialisée dans les maladies neuromusculaires.

L’essentiel

  • Un gène, plusieurs noms. La CMT2C est due à des variants de TRPV4, le gène d’un canal qui laisse entrer le calcium dans les cellules. Des variants de ce même gène causent des maladies qui portent d’autres noms (amyotrophie spinale scapulo-péronière, amyotrophie spinale distale congénitale), ainsi que certaines maladies de la croissance des os. Les chercheurs les décrivent aujourd’hui comme un seul spectre de maladies qui se chevauchent. Landouré 2010Deng 2010Auer-Grumbach 2010McCray 2014
  • Surtout les nerfs moteurs, mais souvent pas seulement. La faiblesse musculaire est le principal problème. Les troubles de la voix, de la respiration, de l’audition, de la colonne vertébrale et des hanches sont fréquents dans les cas publiés, mais tout le monde n’en a pas. Kosmanopoulos 2025Echaniz-Laguna 2014
  • La sévérité varie énormément, même au sein d’une famille. Avec le même variant, un membre de la famille a eu besoin d’un tube pour respirer quand il était bébé, alors que chez un autre, on n’a découvert qu’un problème léger, tard dans sa vie. Klein 2003Landouré 2010Aharoni 2011
  • Le statut des apparentés « non atteints » n’a pas toujours été vérifié. Certains apparentés porteurs du variant semblent rester en bonne santé. Le cas le plus soigneusement étudié est celui d’une famille espagnole. Plusieurs autres porteurs « non atteints » n’ont jamais eu d’examen clinique ni d’examen des nerfs, et certains apparentés qui se sentaient bien se sont révélés atteints une fois examinés. Berciano 2011Deng 2020Donaghy 1999
  • Le canal est probablement trop actif. La plupart des travaux de laboratoire indiquent que le canal défectueux laisse entrer trop de calcium. Le bloquer a été bénéfique dans des cellules, chez des mouches et chez des souris. Aucun de ces articles ne rapporte qu’un traitement ciblant la cause ait été testé chez des personnes atteintes de CMT2C. McCray 2014Woolums 2020Sullivan 2024
  • Les preuves sont minces par endroits. La plupart des articles décrivent une seule famille ou une poignée de personnes. La plus grande étude menée chez l’humain portait sur 68 personnes chez qui une cause liée à TRPV4 était confirmée, et seules 13 d’entre elles ont été examinées à plusieurs reprises au fil du temps. Kosmanopoulos 2025

Un gène, de nombreux noms

Des médecins ont décrit la CMT2C pour la première fois en 1994 (on l’appelait alors HMSN IIc), dans deux familles touchées par une faiblesse des membres, des cordes vocales et des muscles respiratoires. Dyck 1994 Pendant des années, on ne l’a connue que par ses symptômes. En 2010, trois équipes de recherche ont annoncé en même temps qu’elle est due à des variants du gène TRPV4. Landouré 2010Deng 2010Auer-Grumbach 2010Nilius 2010

Deux de ces équipes ont découvert que le même gène est aussi responsable de l’amyotrophie spinale scapulo-péronière (SPSMA) et de l’amyotrophie spinale distale congénitale. Dans une grande famille, on retrouvait les trois diagnostics. Deng 2010Auer-Grumbach 2010 Une étude de dépistage de 2010, menée en Europe et aux États-Unis, a décrit « an unusual spectrum » (un spectre inhabituel), allant de formes présentes dès la naissance à une CMT2C qui débute à l’âge adulte. Zimoń 2010

Le même gène cause aussi plusieurs dysplasies squelettiques (des maladies de la croissance des os). Certaines personnes ont une atteinte à la fois des os et des nerfs, et un variant associé à un type d’atteinte a aussi été retrouvé chez des personnes qui avaient l’autre. Cho 2012Faye 2019Taga 2022 Le diagnostic retenu peut dépendre des signes qui ressortent le plus et du spécialiste que l’on consulte. Dans une étude française, la plupart des personnes dont la maladie était liée à TRPV4 avaient reçu le diagnostic de neuropathie motrice héréditaire distale, et une seule celui de CMT2. Echaniz-Laguna 2014

Ce que la maladie peut toucher

Ces chiffres viennent de petits groupes sélectionnés : lisez-les donc comme « cela arrive, et ce n’est pas rare », et non comme une mesure de votre propre risque. La plus grande source de données, un registre de 2025, surreprésente probablement les formes sévères, et beaucoup de ses chiffres sont déclarés par les participants eux-mêmes. Kosmanopoulos 2025

DomaineCe que rapportent les étudesSolidité des données
Voix (cordes vocales)Faiblesse des cordes vocales chez 55 % des 40 participants du registre qui ont répondu au questionnaire Kosmanopoulos 2025, et chez 94 % des 17 personnes d’une série française Echaniz-Laguna 2014. Dans une grande famille, 16 des 18 personnes atteintes avaient une faiblesse des cordes vocales, du diaphragme ou des muscles entre les côtes, et chez plusieurs d’entre elles, une voix rauque était le seul signe. Klein 2003 L’atteinte de la voix allait de l’absence de trouble à la nécessité d’une trachéotomie définitive. Chen 2010Fréquent, mais pas systématique. Certaines personnes atteintes de neuropathie liée à TRPV4 n’ont aucun trouble de la voix. Evangelista 2015
RespirationEssoufflement chez 55 % et assistance respiratoire chez 11 % des participants du registre qui ont répondu au questionnaire. Kosmanopoulos 2025 Une insuffisance respiratoire nécessitant une assistance la nuit ou une ventilation à deux niveaux de pression (BiPAP) est décrite dans plusieurs familles. McEntagart 2005Jędrzejowska 2019 L’article de 1994 indique que l’insuffisance respiratoire a raccourci la vie des personnes gravement atteintes. Dyck 1994Bien documenté, mais le constat de 1994 porte sur des personnes gravement atteintes, dans deux familles.
AuditionDans une famille néerlandaise, les quatre porteurs ont tous eu une perte auditive liée à l’oreille interne ou au nerf auditif, remarquée entre 35 et 62 ans, et qui s’aggravait lentement. Oonk 2014 Chez un enfant, le fonctionnement du nerf auditif s’est dégradé sur trois ans, alors qu’un test auditif standard restait normal. Rance 2024 Une perte auditive a été signalée chez 24 % des personnes de la série française. Echaniz-Laguna 2014Réel, mais trop peu mesuré. Dans beaucoup d’études, l’audition n’a jamais été testée formellement.
Colonne vertébrale, hanches et piedsScoliose chez 64 % des participants du registre qui ont répondu au questionnaire, alors que le tableau du registre lui-même donne 39 %. Kosmanopoulos 2025 Les quatre enfants atteints d’une CMT liée à TRPV4 suivis dans une consultation australienne avaient tous une dysplasie de la hanche, et deux ont dû être opérés de la hanche. Tan 2025 Dans une famille, la scoliose et le pied bot venaient de la faiblesse musculaire, et non d’une maladie des os. Aharoni 2011Le résultat sur la hanche repose sur quatre enfants.
Sensations (sensibilité)Parmi les participants du registre, 68 % ne signalaient aucun symptôme sensitif, et pourtant l’examen a révélé une baisse de la sensibilité à la piqûre chez 47 %. Kosmanopoulos 2025 Chez certaines personnes, les examens des nerfs sensitifs étaient normaux au début, puis anormaux des années plus tard. Koutsis 2015Chen 2010Aharoni 2011Souvent présent, sans que la personne le remarque.
Épaules et hanches (faiblesse proximale)Faiblesse proximale des jambes à l’examen chez 40 % des participants du registre, contre 4 % dans la CMT1A. Kosmanopoulos 2025 Le décollement de l’omoplate et la fonte musculaire sont des signes partagés avec la SPSMA. Koutsis 2015Chen 2023Plutôt cohérent d’une étude à l’autre.
VessieDans les familles qui ont permis de découvrir le gène en 2010, neuf personnes ont signalé des besoins pressants d’uriner et une incontinence. Landouré 2010Peu de cas rapportés.
Transpiration et températureUne femme atteinte de CMT2C ne pouvait pas transpirer et avait du mal à se rafraîchir, alors que le contrôle de sa fréquence cardiaque et de sa tension artérielle était normal. Baker 2018Un seul cas.
Autres observations isoléesPetite taille dans deux familles Chen 2010, cicatrisation lente après une opération du pied chez un enfant Elhaddad 2026, et un tremblement qui, dans une famille, s’est révélé être une maladie distincte Louis 2014.Une ou deux familles à chaque fois.

Un même variant, des vies différentes

Toutes les études de familles réunies ici décrivent de grandes différences entre des apparentés qui portent le même variant. Dans une famille américaine, les scores de déficit neurologique allaient de 8 à 164 points, et les symptômes ont commencé à 1 mois chez une petite-fille, mais à 80 ans chez sa grand-mère. Klein 2003 Une mère avait une faiblesse légère, apparue tard dans sa vie, alors que sa fille avait une faiblesse sévère des quatre membres et une insuffisance respiratoire. Landouré 2010 Parmi cinq porteurs d’une même famille, deux enfants ont eu besoin d’une trachéotomie, alors qu’un frère de 14 ans faisait du sport et avait une voix normale. Aharoni 2011 Dans une famille polonaise, une mère de 56 ans n’avait qu’un léger décollement des omoplates, alors que ses filles étaient modérément et sévèrement atteintes. Jędrzejowska 2019

L’âge n’explique qu’une petite partie de ces différences. Dans le registre, l’âge n’était que faiblement lié à la sévérité (R² = 0,066). Chez les 13 personnes examinées à plusieurs reprises, le score s’est aggravé en moyenne de 0,81 point par an, avec de grandes différences d’une personne à l’autre. Kosmanopoulos 2025

Les explications avancées n’ont, pour la plupart, pas été testées. On évoque souvent des gènes modificateurs (d’autres gènes qui peuvent rendre une maladie plus légère ou plus sévère), mais aucun des articles présentés ici ne les a étudiés. Berciano 2011 Le mosaïcisme, quand un variant nouveau n’est présent que dans une partie des cellules de l’organisme, est documenté chez quelques personnes, et une fillette qui portait le variant dans environ 30 % de l’ADN de son sang était malgré tout gravement atteinte. Lee 2025Taga 2022Ragamin 2022 L’idée que la maladie commence plus tôt à chaque génération repose sur trois personnes d’une même famille et sur un seul père et son fils. Klein 2003Biasini 2016 Une équipe polonaise n’a retrouvé aucune tendance de ce genre dans les familles publiées. Jędrzejowska 2019

L’évolution dans le temps reste incertaine. Un père atteint de SPSMA est resté stable pendant vingt ans, et son fils, très malade à la naissance, marchait avec des orthèses à 5 ans (seul le résumé de cet article était disponible). Vill 2015 Une revue des cas publiés associant une atteinte des nerfs et des os a constaté une aggravation dans 21 cas sur 23, mais ce sont surtout les cas sévères qui sont publiés. Taga 2022

Apparentés « non atteints » : qui a vraiment été examiné ?

Quand un article dit qu’un apparenté « porte le variant mais n’est pas atteint », cette affirmation ne vaut que ce que vaut la vérification qui l’appuie. Un apparenté peut être déclaré non atteint parce qu’un neurologue l’a examiné et lui a fait passer une étude de la conduction nerveuse, ou simplement parce que sa famille a dit qu’il allait bien. C’est important : c’est sur ces apparentés que repose l’idée de pénétrance réduite (porter le variant sans jamais développer la maladie).

Voici comment chaque article qui avance ce type d’affirmation a décidé qui était non atteint.

Examen clinique et examen des nerfs : toujours aucun signe

Les preuves les plus solides que certains porteurs restent non atteints.

  • Berciano 2011 Trois porteurs âgés de 70, 40 et 9 ans ont eu un examen clinique complet, une étude de la conduction nerveuse, un EMG et une IRM du bas des jambes : tout était normal. C’est l’exemple le mieux vérifié. Réserves : chez la personne de 70 ans, deux mesures des nerfs des jambes étaient juste en dessous des valeurs normales, l’enfant de 9 ans pourrait encore développer des signes, et les épaules et les cordes vocales n’ont pas été examinées.
  • Klein 2003 Cette étude de famille appliquait des règles strictes. Pour être classé « non atteint », il fallait avoir plus de 23 ans, ne présenter aucun symptôme, avoir un score de déficit proche de zéro et des examens des nerfs dans les normes. Un apparenté classé ainsi portait le fragment d’ADN lié à la maladie, mais l’article ne donne aucun détail à son sujet.
  • Koutsis 2015 Une sœur est décrite comme « clinically and electrically unaffected » (sans atteinte clinique ni électrophysiologique), ce qui suggère un examen clinique et des examens des nerfs, mais son âge et ses résultats ne sont pas donnés.
  • Wang 2024 Un père a eu une IRM musculaire et un EMG sans anomalie significative. Son examen clinique n’est décrit qu’en partie.

Examen clinique, mais pas d’examen des nerfs

Sans étude de la conduction nerveuse, une atteinte légère des nerfs peut passer inaperçue.

  • Aharoni 2011 Un frère de 14 ans a été examiné et sa laryngoscopie était normale, mais il a refusé les examens des nerfs, et ses réflexes achilléens (à la cheville) étaient difficiles à obtenir.
  • Landouré 2010 Pour deux porteurs, l’article indique : « not found to be affected during limited examination in their homes » (aucune atteinte constatée lors d’un examen limité, chez eux). Aucun examen des nerfs n’est décrit.

Pas d’examen, ou méthode non décrite

Ces affirmations ne permettent pas de distinguer les porteurs vraiment non atteints des personnes dont la maladie est légère ou n’a pas encore commencé.

  • Deng 2020 Trois apparentés sont qualifiés de non pénétrants (porteurs du variant, mais sans la maladie). Aucun n’a eu de test ADN, et aucun n’est décrit comme ayant été examiné. L’article déduit leur statut de l’arbre généalogique.
  • Zimoń 2010 Six porteurs sont dits non atteints, et l’article conclut que la pénétrance réduite est « relatively common » (relativement fréquente). Il ne précise pas comment leur statut a été vérifié. D’autres articles montrent que trois d’entre eux sont les porteurs espagnols examinés ensuite en détail dans Berciano 2011. Les deux articles ne donnent pas les mêmes âges : 79, 36 et 6 ans ici, contre 70, 40 et 9 ans dans Berciano 2011, qui indique leur âge lors du nouvel examen de 2010. Deux autres sont les porteurs américains qui n’ont eu qu’un examen limité, chez eux (« limited examination in their homes ») Landouré 2010, et le sixième, âgé de 69 ans, n’est pas décrit davantage.
  • Fawcett 2012 Pour le fils d’un porteur, l’article note : « was asymptomatic but has not been examined » (il n’avait pas de symptômes, mais n’a pas été examiné). Le père d’un autre porteur n’avait aucun symptôme, mais son EMG montrait des anomalies.
  • Berth 2025 Des apparentés porteurs sont dits « asymptomatic » (sans symptômes), sans que l’article décrive d’examen clinique ni d’examen des nerfs.
  • Cho 2012 Pour une mère qui porte le variant, l’article indique « no neuropathy » (pas de neuropathie), sans préciser de méthode (seul un compte rendu de cet article était disponible).
  • Velilla 2019Lugo 2023Thibodeau 2017 Les parents d’enfants atteints d’une forme où les deux copies du gène sont touchées (forme récessive) sont dits en bonne santé, sans qu’aucun examen neurologique soit décrit.
  • Echaniz-Laguna 2014 L’article signale deux « asymptomatic carriers » (porteurs sans symptômes). Le résumé ne dit pas comment leur statut a été vérifié.

Ils se sentaient bien, mais les examens ont révélé la maladie

La leçon inverse : « aucun symptôme » ne veut pas dire « non atteint ».

  • Donaghy 1999 Une mère et une sœur n’avaient aucun symptôme, mais les examens des nerfs ont confirmé une neuropathie. Les auteurs recommandaient vivement d’examiner les proches parents et de leur faire passer des examens des nerfs. La même famille britannique semble être décrite à nouveau dans McEntagart 2005, qui rapporte aussi une deuxième famille où un apparenté sans symptômes avait, à l’examen, une faiblesse légère et des réflexes diminués.
  • Klein 2011 Une mère et une sœur sans symptômes avaient une faiblesse distale à l’examen, et une neuropathie axonale aux examens des nerfs.
  • Chen 2023 Un fils sans aucune faiblesse avait des examens des nerfs et un EMG anormaux.
  • Dyck 1994 La première description de la CMT2C notait déjà une perte de sensibilité que les personnes n’avaient pas remarquée elles-mêmes.
  • Kosmanopoulos 2025 La plupart des participants du registre ne signalaient aucun symptôme sensitif, et pourtant l’examen a révélé une sensibilité diminuée chez beaucoup d’entre eux.
  • Lin 2011 En dehors de TRPV4, une étude taïwanaise a constaté que des apparentés qui « denied to have any neurological symptoms » (disaient n’avoir aucun symptôme neurologique) présentaient des signes légers à l’examen.

Ce qu’il faut en retenir : la pénétrance réduite existe probablement bel et bien, comme le montrent les porteurs de la famille espagnole, examinés de façon approfondie. On ne sait pas à quelle fréquence elle se produit. Plusieurs porteurs « non atteints » décrits dans la littérature n’ont jamais eu d’examen clinique ni d’examen des nerfs, et plusieurs apparentés « en bonne santé » se sont révélés atteints quand on les a examinés.

À quelle fréquence TRPV4 est-il en cause ?

Dans l’ensemble, les variants de TRPV4 sont une cause rare de CMT : moins de 1 % des 422 personnes atteintes de CMT axonale ou de neuropathie motrice dans une série britannique Fawcett 2012, 2 des 566 personnes d’un centre italien Gentile 2020, aucune des 36 personnes atteintes de CMT2 à Taïwan Lin 2011, et 2 des 62 personnes atteintes d’une CMT2 sans cause identifiée à Detroit Deng 2020.

Ils sont beaucoup plus fréquents quand la neuropathie s’accompagne de troubles des cordes vocales ou du squelette. En France, aucune des 95 personnes atteintes d’une CMT2 « pure » n’en portait, contre 12 des 74 personnes (16 %) qui avaient une paralysie des cordes vocales ou une dysplasie squelettique. Echaniz-Laguna 2014 Dans une série européenne et américaine, 5 des 14 personnes dont le premier signe était une paralysie des cordes vocales en portaient un (36 %). Zimoń 2010 Malgré tout, TRPV4 n’explique pas tous les cas familiaux qui évoquent une CMT2C : certaines familles n’avaient aucun variant de TRPV4. Landouré 2010Klein 2011

Comment lire un résultat génétique. TRPV4 compte de nombreux variants rares qui se révèlent inoffensifs : avant de désigner un nouveau variant comme la cause, il faut donc le vérifier soigneusement. Fawcett 2012Drew 2015 Dans une étude, l’ajout de tests en laboratoire a changé la classification formelle de 9 variants sur 19. Berth 2025 Dans une famille, une méthode d’analyse plus ancienne était passée à côté d’un vrai variant pour des raisons techniques, et c’est le séquençage de l’exome qui l’a trouvé plus tard. Landouré 2012

Ce qui se dérègle dans la cellule

Le gène TRPV4 est la recette d’un canal : une petite porte dans la paroi extérieure de la cellule, qui laisse entrer le calcium. La plupart des variants responsables de la CMT2C se trouvent sur une même face externe d’une partie du canal appelée domaine à répétitions ankyrine. Inada 2012Sullivan 2015Landouré 2012 La position d’un variant ne permet pas de prédire de façon fiable s’il causera une maladie des nerfs, une maladie des os, ou les deux. Faye 2019Cho 2012

Trop ouvert, très probablement. Les premières études se contredisaient : l’une a trouvé que le canal défectueux en faisait trop peu, d’autres qu’il en faisait trop. Nilius 2010Auer-Grumbach 2010 La plupart des travaux suivants ont montré que les canaux défectueux laissent entrer un excès de calcium et abîment les cellules, et que des bloqueurs du canal empêchent ces dégâts en boîte de Petri. Landouré 2010Fecto 2011Klein 2011Sullivan 2015 La synthèse clinique actuelle juge le gain de fonction (un canal qui travaille trop) le plus probable. McCray 2014 Quelques variants se sont comportés à l’inverse lors de tests en laboratoire. Fiorillo 2012Thibodeau 2017

Un frein qui fait défaut. Une protéine appelée RhoA se loge exactement là où se regroupent de nombreux variants responsables de neuropathie, et elle maintient normalement le canal fermé. Ces variants relâchent cette prise. McCray 2021Nadezhdin 2023Kwon 2023 D’autres freins naturels ont aussi été décrits : un lipide de la membrane appelé PIP2 Takahashi 2014, de petites étiquettes d’ubiquitine Aisenberg 2022 et une protéine partenaire appelée ARHGEF10 Loder 2026.

Comment les nerfs s’abîment. Chez la mouche du vinaigre (drosophile), un variant responsable de la CMT2C augmentait le calcium, activait une enzyme appelée CaMKII et bloquait le déplacement des mitochondries (les centrales énergétiques de la cellule) le long des fibres nerveuses, avant que ces fibres ne dégénèrent. Woolums 2020 Chez des souris portant un variant de la CMT2C dans leur propre gène, les dégâts semblaient commencer dans la paroi interne des petits vaisseaux sanguins de la moelle épinière, qui se mettaient à fuir, plutôt que dans les cellules nerveuses elles-mêmes. Ces souris avaient une forme sévère dont elles mouraient avant l’âge du sevrage, et les nerfs de leurs membres, leurs nerfs sensitifs et leurs cordes vocales n’ont pas été examinés. Sullivan 2024 Dans des cellules de l’œil cultivées en laboratoire, où l’on a introduit un par un chacun des variants pathogènes connus, 7 des 22 variants liés à une neuropathie affaiblissaient l’étanchéité entre les cellules, mais la quantité de calcium que laissait entrer un variant ne permettait pas de le prévoir. L’équipe de l’entreprise à l’origine de cette étude qualifie de faible le lien avec le diagnostic. Sampaio 2025

Presque tout cela vient de lignées cellulaires conçues pour fabriquer de grandes quantités du canal, de mouches et de souris. Très peu de choses ont été vérifiées dans du tissu nerveux humain.

Traitements : où en est-on ?

La synthèse clinique, mise à jour pour la dernière fois en décembre 2025, indique qu’il n’existe pas encore de traitement qui cible la cause, et que la prise en charge, assurée par une équipe de spécialistes, porte sur les symptômes. McCray 2014 Les examens de suivi qu’elle propose reposent sur l’expérience des auteurs plutôt que sur des essais.

Les bloqueurs du canal. Des médicaments qui bloquent TRPV4 ont réduit les dégâts dans des cellules Fecto 2011Sullivan 2015 et chez la mouche Woolums 2020. Chez des souris portant deux copies du variant R269C, un bloqueur de TRPV4 (GSK2193874), donné après l’apparition des symptômes, a refermé la fuite dans la moelle épinière, et les souris traitées ont vécu plus longtemps et mieux bougé. Ces souris avaient une forme sévère, mortelle très tôt. Le médicament était injecté deux fois par jour, et aucun être humain n’a été étudié. Les données de sécurité chez l’humain que citent les auteurs proviennent d’essais d’un autre bloqueur, dans d’autres maladies. Sullivan 2024 Certains variants rares demandaient beaucoup plus de bloqueur que d’autres dans les cellules, ce qui peut avoir son importance pour de futurs essais. Taga 2022 Le bloqueur expérimental d’une entreprise, ABS-0872 (une molécule différente d’ABS-0871), a empêché ou inversé l’affaiblissement de l’étanchéité entre des cellules cultivées en laboratoire, pour les quelques variants testés ; l’article ne contient aucune donnée chez l’animal ou chez l’humain, et tous ses auteurs travaillent pour l’entreprise. Sampaio 2025 Plusieurs chercheurs de ce domaine déclarent des liens avec une entreprise qui développe des traitements ciblant TRPV4. Kosmanopoulos 2025Berth 2025

Préparer les essais. L’équipe du registre a constaté que les scores CMT habituels ne rendent peut-être pas bien compte de l’évolution, et a proposé que les futurs essais mesurent la faiblesse proximale, la marche, le fonctionnement des cordes vocales et la respiration. Kosmanopoulos 2025 Il existe désormais une échelle testée pour mesurer la CMT chez les enfants de moins de cinq ans. Mandarakas 2018

Des cas individuels. Un système d’écoute avec micro déporté a aidé un enfant à comprendre la parole dans le bruit. Rance 2024 Un jeune homme atteint de SPSMA s’est entraîné pendant environ cinq ans sans déclin mesurable. Crisafulli 2025 Chez un enfant, les plaies se sont gravement rouvertes après une opération du pied. Elhaddad 2026 Chacun de ces cas ne concerne qu’une seule personne et ne peut pas montrer ce qui se passerait pour d’autres.

Ce que personne ne sait encore

  • À quelle fréquence les personnes porteuses d’un variant de TRPV4 restent non atteintes toute leur vie.
  • À quelle vitesse la maladie évolue chez l’adulte. Dans la plus grande étude, seules 13 personnes ont été examinées plusieurs fois.
  • Pourquoi certaines personnes ont des troubles de la voix, de la respiration, de l’audition ou des os, et d’autres, avec le même variant, n’en ont pas.
  • Si les bloqueurs de TRPV4 sont efficaces chez l’humain. Tous les résultats obtenus jusqu’ici viennent de cellules, de mouches ou de souris.
  • À quel point les troubles de la vessie, de la transpiration et de l’audition sont fréquents en réalité, car peu d’études les recherchent.

Comment la CMT2C a été comprise, pièce par pièce

  1. 1994 Deux familles sont décrites, et la maladie reçoit le nom de HMSN IIc. Dyck 1994
  2. 1996–2002 Des analyses de liaison excluent les régions génétiques liées aux CMT2A, 2B et 2D et à la neuropathie motrice distale de type VII, ce qui montre qu’il s’agit d’une maladie distincte. Yoshioka 1996Nagamatsu 2000Santoro 2002McEntagart 2002
  3. 1999 Une deuxième famille : une paralysie des cordes vocales à 41 ans, et des apparentés sans symptômes chez qui les examens des nerfs montrent une neuropathie. Donaghy 1999
  4. 2003 Dans une grande famille, le gène est localisé sur le chromosome 12 (12q23-24). Klein 2003
  5. 2005 Deux autres familles confortent cette localisation et réduisent la région à 66 gènes. McEntagart 2005
  6. 2010 Le gène TRPV4 est identifié, et l’on découvre que la SPSMA et l’amyotrophie spinale distale congénitale relèvent du même gène. Landouré 2010Deng 2010Auer-Grumbach 2010Zimoń 2010
  7. 2014 Première publication de la synthèse clinique sur les maladies liées à TRPV4 (mise à jour en décembre 2025). McCray 2014
  8. 2020–2023 Des études chez la mouche et sur la structure du canal montrent comment son frein lâche. Woolums 2020McCray 2021Kwon 2023
  9. 2024 Un bloqueur de TRPV4, donné après l’apparition des symptômes, aide des souris porteuses d’un variant de la CMT2C, atteintes d’une forme sévère et mortelle très tôt, à vivre plus longtemps et à mieux bouger. Sullivan 2024
  10. 2025 La plus grande étude de registre décrit 68 personnes. Kosmanopoulos 2025

Les publications les plus pertinentes

Classées selon qu’elles portent plus ou moins directement sur la CMT2C, puis selon leur niveau de preuve. Choisissez un titre pour lire son analyse complète.

  1. 1TRPV4 neuromuscular disease registry highlights bulbar, skeletal and proximal limb manifestationsKosmanopoulos GP, Donohue JK, Hoke M et al. · 2025
  2. 2Mutations in TRPV4 cause Charcot-Marie-Tooth disease type 2CLandouré G, Zdebik AA, Martinez TL et al. · 2010
  3. 3Scapuloperoneal spinal muscular atrophy and CMT2C are allelic disorders caused by alterations in TRPV4Deng HX, Klein CJ, Yan J et al. · 2010
  4. 4Alterations in the ankyrin domain of TRPV4 cause congenital distal SMA, scapuloperoneal SMA and HMSN2CAuer-Grumbach M, Olschewski A, Papić L et al. · 2010
  5. 5The gene for HMSN2C maps to 12q23-24: a region of neuromuscular disordersKlein CJ, Cunningham JM, Atkinson EJ et al. · 2003
  6. 6Autosomal Dominant TRPV4-Related DisordersMcCray BA, Schindler A, Hoover-Fong JE et al. · 2014 (mise à jour en décembre 2025)
  7. 7TRPV4 mutations causing mixed neuropathy and skeletal phenotypes result in severe gain of functionTaga A, Peyton MA, Goretzki B et al. · 2022
  8. 8Incidence and Clinical Features of TRPV4-Linked Axonal Neuropathies in a USA Cohort of Charcot-Marie-Tooth Disease Type 2Deng S, Feely SME, Shi Y et al. · 2020
  9. 9TRPV4 mutations and cytotoxic hypercalcemia in axonal Charcot-Marie-Tooth neuropathiesKlein CJ, Shi Y, Fecto F et al. · 2011
  10. 10Novel mutations highlight the key role of the ankyrin repeat domain in TRPV4-mediated neuropathySullivan JM, Zimanyi CM, Aisenberg W et al. · 2015

Que faire ensuite ?

Si quelque chose ici compte pour vous, voici de bons points de départ.

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